Les Dommages Généraux
Dommages Généraux pour Amputation et Perte de Membre
Les dommages généraux pour amputation comptent parmi les indemnités les plus élevées que les tribunaux canadiens accordent, en dehors des cas catastrophiques de traumatisme crânien et médullaire. La perte est permanente, visible et totale, et aucun traitement ne la répare. Les tribunaux évaluent le niveau de l’amputation, la douleur qui la suit et la vie que la personne peut encore mener avec une prothèse. Ce chapitre expose comment ces facteurs se combinent.
Le niveau de l’amputation détermine l’indemnité
Une amputation au-dessus du genou est évaluée plus sévèrement qu’une amputation en dessous, parce que l’articulation du genou accomplit l’essentiel du travail de la marche et qu’une prothèse ne peut pas la remplacer. La même logique s’applique au coude dans une perte au membre supérieur. La perte de la main dominante est évaluée plus sévèrement que la perte de l’autre. La perte de doigts est évaluée selon lesquels et selon ce que la personne en faisait, de sorte qu’un pouce vaut considérablement plus qu’un petit doigt, et que le bout des doigts d’un guitariste vaut plus que ce que l’amputation seule suggère.
La douleur du membre fantôme et les complications du moignon
L’amputation n’est pas un événement unique qui se stabilise ensuite. La douleur du membre fantôme touche une large part des personnes amputées et peut persister pendant des années. Les moignons développent des névromes et des dégradations cutanées, et une prothèse qui convient la première année peut ne plus convenir à la cinquième. La chirurgie de révision est courante. Les tribunaux indemnisent ce parcours continu de douleur et d’intervention comme faisant partie de la même indemnité non pécuniaire, et la preuve médicale doit décrire l’avenir attendu plutôt que seulement la chirurgie déjà faite.
Les dommages généraux pour amputation et la réclamation psychologique
Le deuil et les symptômes post-traumatiques suivent la perte d’un membre pour la plupart des personnes amputées, avec un changement durable de l’image corporelle, et ils sont indemnisables dans la même indemnité. Les tribunaux s’attendent à voir des dossiers de traitement plutôt que des affirmations. Là où l’amputation a suivi un événement traumatique que la personne a vu se produire, le préjudice psychologique est souvent le plus invalidant des deux, et l’analyse du chapitre sur le syndrome de stress post-traumatique (post-traumatic stress disorder) s’applique directement.
Où le plafond commence à jouer
La Cour suprême du Canada limite les dommages non pécuniaires dans chaque dossier canadien de préjudice corporel, et les amputations multiples les plus graves s’approchent de ce plafond. Les amputations d’un seul membre sont évaluées en dessous, et les chefs pécuniaires comme le remplacement de prothèses sur toute une vie ne sont pas du tout soumis à la limite. Les indemnités publiées pour amputation atteignent bien les six chiffres dans les affaires jugées, qui sont publiées sur CanLII. La perte traumatique d’un membre découle fréquemment de blessures par écrasement couvertes dans le chapitre sur les fractures et d’incidents en milieu de travail et sur la route que le cabinet traite comme des réclamations d’accident de voiture. Le chapitre d’ouverture du guide présente la série.
