Les Dommages Généraux
La Perte de Jouissance de la Vie et les Dommages Généraux
La perte de jouissance de la vie est une des deux moitiés de ce que paient les dommages généraux. L’autre moitié est la douleur. Un tribunal qui fixe une indemnité non pécuniaire répond à la question de ce que la blessure a retiré des journées du demandeur, et pas seulement à quel point elle fait mal.
La douleur et la perte de jouissance forment une seule indemnité
Les tribunaux canadiens ne chiffrent pas la douleur séparément de la perte des agréments de la vie. Les deux entrent dans un seul chiffre non pécuniaire, et l’approche fonctionnelle demande quelle somme offre une consolation raisonnable pour l’ensemble de cette perte. Deux demandeurs qui rapportent la même douleur peuvent recevoir des indemnités différentes parce que l’un d’eux y a perdu une plus grande partie de sa vie. La méthode est exposée dans comment les tribunaux évaluent les dommages généraux (assessment).
Ce que couvre la perte de jouissance de la vie
Elle couvre les activités qui ont cessé et celles qui ont changé. Le travail qui formait aussi une identité, le sport, la musique, le jardinage, le voyage, la capacité de porter un enfant, un sommeil ininterrompu et le caractère d’un mariage comptent tous. Rien n’est trop ordinaire pour faire partie de la réclamation. Les tribunaux ont reconnu des pertes aussi petites que ne plus pouvoir assister à un match de hockey au complet.
La preuve vient des personnes qui vous connaissaient avant
La preuve médicale prouve la blessure. Elle ne prouve pas la vie. Les membres de la famille, les amis, les entraîneurs et les employeurs qui peuvent décrire le demandeur avant et après fournissent cette partie, et leur témoignage est souvent ce qui fait bouger le chiffre. Les photographies, les registres de clubs et les antécédents de travail corroborent le tout. Là où le seul récit du demandeur constitue la preuve, l’indemnité tend à être prudente, pour les raisons exposées dans le chapitre sur le dossier médical et la crédibilité (medical records).
Exagérer coûte plus cher que minimiser
Un demandeur qui prétend ne rien pouvoir faire du tout invite l’enquête décrite dans le chapitre sur la surveillance et les réseaux sociaux. Un récit précis d’une vie limitée est bien plus solide qu’un récit absolu, parce qu’il survit au contact avec la preuve. Les décisions publiées sur les indemnités non pécuniaires sont consultables sur CanLII.
Où ce chef pèse le plus lourd
La perte de jouissance de la vie domine l’indemnité dans les réclamations pour traumatisme crânien (brain injury) et pour cicatrices (scarring), là où le grade médical de la blessure et son effet sur une vie divergent le plus. Le cabinet bâtit cette preuve dans les dossiers d’accident de voiture, sans honoraires tant que la réclamation n’aboutit pas.
