Skip to content

Dommages corporels

La négligence médicale au Canada n'est pas la version américaine

Des certificats encadrés au mur des locaux du cabinet à Moncton

La négligence médicale au Canada ne fonctionne en rien comme la version que les gens ont vue à la télévision américaine. Il n’y a pas de jackpot en dommages punitifs, l’indemnité pour douleur et souffrance est plafonnée par la Cour suprême du Canada, la plupart des procès sont entendus par un juge plutôt que par un jury, et la défense est financée à l’échelle nationale et se défend avec vigueur. Ces quatre différences changent ce que vaut une réclamation et comment elle doit être bâtie.

Rien de tout cela ne signifie que ces réclamations ne peuvent pas être gagnées. Cela signifie qu’elles se gagnent par la médecine et la préparation, non par un plaidoyer devant un jury.

Les dommages non pécuniaires sont plafonnés, alors il n’y a pas de chiffre vedette

En 1978, la Cour suprême du Canada a fixé une limite supérieure aux dommages pour douleur et souffrance dans les affaires de dommages corporels, et la limite est ajustée pour l’inflation. Chaque réclamation canadienne, d’une blessure de naissance catastrophique à une erreur fatale, est mesurée par rapport à ce plafond.

La conséquence est que la valeur d’une réclamation canadienne pour négligence médicale vient des pertes calculables : le coût des soins futurs, la perte de capacité de gain, le coût des soins auxiliaires et de l’équipement sur toute une vie. Le chapitre du guide sur le plafond de la Cour suprême explique la limite, et le chapitre sur l’évaluation des dommages généraux (general damages assessment) explique comment le reste se bâtit.

Les dommages punitifs sont rares et ne sont pas une aubaine

Les dommages punitifs au Canada punissent une conduite malveillante ou arbitraire, ils ne sont accordés que lorsque les dommages compensatoires ne suffisent pas à l’accomplir, et ils doivent être proportionnés. Ils ne sont pas courants, ils ne sont pas un multiplicateur, et ils ne font presque jamais partie d’une réclamation pour négligence médicale contre un médecin qui a commis une erreur.

Lorsque des dommages punitifs apparaissent dans un litige d’assurance canadien, c’est habituellement pour la conduite d’un assureur qui traite une réclamation, non pour une erreur clinique.

La plupart des procès sont entendus par un juge seul

Les procès civils avec jury existent au Canada, et les procès en négligence médicale dans les provinces de l’Atlantique sont ordinairement entendus par un juge siégeant seul. Le juge des faits lit les rapports d’experts et rédige des motifs expliquant quel expert a été préféré et pourquoi.

Cela change tout le dossier. La persuasion se fait par un expert bien qualifié dont l’avis résiste au contre-interrogatoire, et la rhétorique fait très peu.

Les médecins sont défendus à l’échelle nationale, les hôpitaux séparément

La plupart des médecins canadiens sont membres de l’Association canadienne de protection médicale, un organisme de défense mutuelle plutôt qu’un assureur. Elle finance la défense de ses membres, elle ne subit aucune pression financière pour régler rapidement une réclamation défendable, et elle retient des avocats de défense expérimentés partout au pays.

Les hôpitaux, et les infirmières et technologues qu’ils emploient, sont couverts séparément par leurs propres régimes de responsabilité. Un seul incident peut donc impliquer deux équipes de défense aux intérêts différents, ce qui explique pourquoi les bons défendeurs doivent être identifiés avant le dépôt de la réclamation. Les avocats en négligence médicale (medical malpractice) du cabinet les identifient à partir des dossiers.

Un mauvais résultat n’est pas de la négligence

Le critère juridique est la norme de diligence : le médecin a-t-il agi comme l’aurait fait un praticien raisonnable de la même spécialité dans les mêmes circonstances. La médecine comporte des risques, et une complication reconnue d’une intervention correctement exécutée n’est pas une violation de cette norme.

C’est pourquoi la question du consentement éclairé revient si souvent dans ces dossiers. Lorsqu’un risque connu s’est matérialisé, la question n’est peut-être pas la façon dont l’intervention a été exécutée, mais si le risque a été expliqué au préalable et si un patient raisonnable dans cette situation aurait accepté de procéder.

La causalité est ce qui fait échouer la plupart des réclamations canadiennes

Prouver une violation de la norme de diligence n’est que la moitié du travail. La réclamation doit aussi prouver que la violation a causé la blessure, chez un patient déjà malade et qui aurait de toute façon connu un certain résultat.

Un diagnostic de cancer retardé en est l’exemple le plus clair. Établir que le retard a eu lieu est souvent simple. Établir quel aurait été le résultat si le diagnostic avait été posé plus tôt exige un oncologue prêt à donner cet avis sur la foi de la preuve, et lorsque cet avis ne peut être donné, la réclamation ne va pas de l’avant.

L’enquête vient avant la réclamation, non après

Un dossier canadien de négligence médicale commence par le dossier clinique complet, incluant les notes infirmières, l’imagerie, les rapports opératoires et le registre électronique de vérification. Le dossier est ensuite révisé par un spécialiste indépendant dans le même domaine, à qui l’on pose deux questions : la norme a-t-elle été respectée, et sinon, le manquement a-t-il causé ce résultat.

Ce n’est qu’une fois ces réponses obtenues qu’une réclamation est déposée. C’est l’étape qui surprend le plus les clients, car elle prend des mois et coûte de l’argent avant même qu’une réclamation ne soit déposée. C’est aussi pourquoi un cabinet prudent refuse plus de dossiers de ce genre qu’il n’en accepte, pour les raisons exposées dans le billet sur pourquoi un avocat décline un dossier.

La règle des dépens rend une réclamation faible coûteuse

Les tribunaux canadiens ordonnent à la partie perdante de payer une portion des frais juridiques de la partie gagnante. Un demandeur qui perd un procès en négligence médicale défendu peut faire face à une condamnation aux dépens, en plus de ses propres débours pour les rapports d’experts.

Cette règle est la raison la plus forte pour laquelle le portrait américain ne se transpose pas. Déposer une réclamation spéculative pour voir ce qui se passe est une décision qui a un prix, ce qu’explique le billet sur les dépens si vous perdez une cause (costs awards).

Le délai court à compter de la découverte, et les dossiers prennent des mois

Chaque province de l’Atlantique accorde deux ans pour intenter l’action. Au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador, ce délai court à compter du jour où la personne demanderesse a su ou aurait dû savoir que la blessure était causée par un acte ou une omission du défendeur. À l’Île-du-Prince-Édouard, le délai de deux ans court plutôt à compter de la date de l’incident lui-même. La règle de la Nouvelle-Écosse se trouve dans la Limitation of Actions Act, qui fixe aussi un délai ultime calculé à partir de l’acte lui-même.

La découverte dans un dossier médical peut survenir plus tard que le traitement, car un patient n’a souvent aucune raison de soupçonner quoi que ce soit avant un second avis. Cela ne rend pas le délai généreux. Obtenir un dossier hospitalier complet et le faire réviser par un spécialiste prend de nombreux mois, alors le dossier doit être ouvert bien avant l’échéance des deux ans.

Ce que la négligence médicale au Canada exige réellement

Une réclamation viable exige un écart documenté par rapport à la norme de diligence, un spécialiste prêt à l’affirmer par écrit, un lien de causalité avec un préjudice mesurable, et des pertes assez importantes pour justifier le coût de prouver les trois.

Si vous croyez que quelque chose a mal tourné dans vos soins, demandez votre dossier dès maintenant et lisez ce que nous pouvons faire (what we can do) avec celui-ci. L’évaluation ne coûte rien et la réponse est donnée franchement.

Appelez le bureau le plus proche

506-854-5157

Racontez-nous ce qui s'est passé

Commencer une réclamation

Clavardez maintenant