
Les peines pour agression sexuelle au Canada vont d’une déclaration de culpabilité par procédure sommaire, avec un maximum de deux ans moins un jour, à l’emprisonnement à perpétuité pour agression sexuelle grave, et une déclaration de culpabilité à n’importe quel palier entraîne l’inscription au registre des délinquants sexuels, une ordonnance d’ADN et un casier judiciaire qui ferme des frontières et des carrières. L’accusation est portée en vertu du Code criminel fédéral, de sorte que les peines sont les mêmes dans chaque province.
Une accusation n’est pas une déclaration de culpabilité. La Couronne doit prouver sa cause hors de tout doute raisonnable, et les moyens de défense sont réels. Ce guide expose la définition, les fourchettes de détermination de la peine, le processus de l’arrestation à la mise en liberté sous caution, et ce que fait un avocat en agression sexuelle (sexual assault) à chaque étape.
Qu’est-ce qu’une agression sexuelle en droit canadien ?
L’agression sexuelle est tout contact intentionnel de nature sexuelle sans consentement. Le Code criminel utilise une seule infraction pour toute la gamme, du toucher non désiré aux rapports sexuels forcés, et examine les circonstances pour déterminer la gravité du dossier.
La Couronne doit prouver que le contact a eu lieu, qu’il était intentionnel, qu’il était de nature sexuelle et que la plaignante ou le plaignant n’a pas consenti. Les peines pour agression sexuelle au Canada découlent de lesquels de ces faits sont prouvés, et comment.
Le Parlement a aboli l’infraction de viol en 1983
Le Parlement a retiré l’infraction de viol du Code criminel en 1983. Tout ce qu’elle couvrait relève maintenant de l’agression sexuelle. Le changement a reconnu l’infraction comme un acte de violence plutôt que de nature sexuelle, et les peines s’appliquent de la même façon peu importe le mot qu’emploient la personne plaignante ou l’accusé.
L’article 273.1 définit le consentement comme un accord volontaire
L’article 273.1 du Code criminel définit le consentement comme l’accord volontaire de la personne plaignante à l’activité sexuelle en question. Le consentement doit exister au moment de l’activité et pour chaque activité.
- Le consentement obtenu par menace, contrainte ou abus d’une position de confiance, de pouvoir ou d’autorité n’est pas un consentement.
- Le consentement doit être communiqué par des mots ou un comportement. Le silence et la passivité ne sont pas un consentement.
- Le consentement peut être retiré à tout moment, et l’activité doit cesser lorsqu’il l’est.
Quand le consentement ne peut-il pas être donné ?
La loi considère certaines personnes comme incapables de consentir peu importe ce qu’elles ont dit :
- Une personne plaignante en dessous de l’âge du consentement, généralement fixé à 16 ans.
- Une personne plaignante incapable en raison de l’alcool, de la drogue ou de l’inconscience.
- Un consentement obtenu par abus d’une position de confiance, de pouvoir ou d’autorité.
- Une personne plaignante qui exprime, par des mots ou un comportement, un désaccord à participer ou à continuer.
Les accusations dans ces catégories entraînent les peines les plus sévères pour agression sexuelle au Canada, y compris les peines minimales obligatoires.
Les peines pour agression sexuelle au Canada dépendent du choix de la Couronne
L’agression sexuelle est une infraction mixte. La Couronne choisit de procéder par déclaration de culpabilité par procédure sommaire ou par mise en accusation, et ce choix fixe la peine maximale. La Couronne examine les allégations, le casier de l’accusé et le préjudice subi par la personne plaignante lorsqu’elle fait ce choix.
La procédure sommaire entraîne deux ans moins un jour et la mise en accusation entraîne 10 ans
Une déclaration de culpabilité par procédure sommaire entraîne un maximum de deux ans moins un jour d’emprisonnement. Elle est utilisée pour les allégations moins graves, et elle produit tout de même un casier judiciaire.
Une infraction punissable par mise en accusation entraîne un maximum de 10 ans. Si la personne plaignante a moins de 16 ans, le maximum passe à 14 ans et des peines minimales obligatoires s’appliquent.
Des peines minimales obligatoires d’un an et de cinq ans s’appliquent lorsque la personne plaignante a moins de 16 ans
Lorsque la personne plaignante a moins de 16 ans et que la Couronne procède par mise en accusation, la peine minimale est d’un an. Avec des facteurs aggravants supplémentaires, le minimum passe à cinq ans. Le juge n’a aucun pouvoir discrétionnaire de descendre sous le minimum.
L’inscription au registre en vertu de la LERDS dure 10 ans, 20 ans ou à vie
Une déclaration de culpabilité ou une absolution pour une infraction sexuelle entraîne une ordonnance d’inscription en vertu de la Loi sur l’enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels (LERDS). La personne inscrite se présente à la police chaque année et signale tout changement d’adresse, de nom ou d’emploi. L’inscription dure 10 ans, 20 ans ou à vie, selon l’infraction.
Les facteurs aggravants font monter la peine dans la fourchette
Au moment de la détermination de la peine, le juge soupèse les facteurs aggravants énoncés dans le Code criminel : l’âge de la personne plaignante, une position de confiance, la violence, une arme, des lésions corporelles. Chacun fait monter la peine dans la fourchette, et la Couronne plaide pour le maximum lorsqu’ils sont présents.
L’âge du consentement est de 16 ans, avec des exceptions de proximité d’âge
L’âge du consentement est de 16 ans. Il existe des exceptions de proximité d’âge. Une personne plaignante de 14 ou 15 ans peut consentir avec un partenaire de moins de cinq ans son aîné. Une personne plaignante de 12 ou 13 ans peut consentir avec un partenaire de moins de deux ans son aîné. Les exceptions ne s’appliquent pas lorsque l’accusé occupe une position d’autorité.
Une arme ou des lésions corporelles font passer le maximum à 14 ans ou à perpétuité
Une arme, une menace d’en utiliser une, ou des lésions corporelles changent l’accusation, de la même façon que les accusations de voies de fait (assault) générales s’aggravent lorsqu’une arme est en cause.
- Agression sexuelle armée, article 272 : maximum de 14 ans, ou la perpétuité dans certaines circonstances.
- Agression sexuelle grave, article 273, lorsque l’agression blesse, mutile, défigure ou met la vie en danger : maximum de l’emprisonnement à perpétuité.
Est-ce que cela change quelque chose si les parties étaient en couple ?
Non. Le mariage et les fréquentations ne changent rien au consentement. L’ancienne exemption matrimoniale, selon laquelle un mari ne pouvait pas être accusé d’avoir violé sa femme, a été abolie il y a des décennies.
Le consentement implicite n’existe pas
Un consentement passé n’est pas un consentement présent. Un conjoint depuis vingt ans peut dire non, et l’activité sexuelle qui se poursuit après cela constitue une infraction.
L’article 276 interdit la preuve d’un comportement sexuel antérieur
L’article 276 du Code criminel, la disposition sur la protection contre la divulgation, interdit la preuve du comportement sexuel antérieur de la personne plaignante offerte pour suggérer qu’elle était plus susceptible de consentir ou moins digne de foi. Un accusé poursuivi par une ancienne ou un ancien partenaire ne peut pas s’appuyer sur l’historique de la relation à cette fin, et cela ne réduit pas la peine.
La police arrête sur des motifs raisonnables, et l’accusé ne devrait rien dire sans avocat
La police enquête sur une plainte et procède à une arrestation sur des motifs raisonnables. Ne leur expliquez pas votre version. Leur travail est de recueillir des éléments de preuve pour la poursuite. Dites que vous voulez un avocat, puis cessez de parler.
L’audience de mise en liberté sous caution décide de la libération selon trois motifs dans les 24 heures
Un accusé détenu après l’arrestation obtient une audience de mise en liberté sous caution avec un avocat criminaliste (criminal lawyer) dans les 24 heures ou dès que possible par la suite. Ce n’est pas un procès. Le juge ou le juge de paix décide s’il y a lieu de libérer l’accusé en attendant le procès selon trois motifs :
- Motif principal : si l’accusé se présentera au tribunal. Les liens avec la communauté, l’emploi et le casier judiciaire sont pris en compte.
- Motif secondaire : si l’accusé représente un danger pour le public ou la personne plaignante.
- Motif tertiaire : si la mise en liberté minerait la confiance du public envers le système de justice, compte tenu de la gravité de l’accusation et de la force de la preuve.
Un accusé auquel la mise en liberté sous caution est refusée attend dans un centre de détention jusqu’à la fin du procès, ce qui peut prendre un an ou plus. L’audience de mise en liberté sous caution est le premier endroit où l’avocat compte.
La Couronne doit prouver chaque élément, et les moyens de défense attaquent cette preuve
La Couronne prouve sa cause ou l’accusé est acquitté. L’avocat de la défense lit chaque déclaration, chaque rapport et chaque message texte à la recherche des failles.
La croyance sincère mais erronée en un consentement communiqué est un moyen de défense avec des limites
L’accusé croyait sincèrement, d’après les mots ou le comportement de la personne plaignante, qu’elle consentait. Le moyen de défense échoue si la croyance découlait d’une intoxication volontaire, si l’accusé a fait preuve d’insouciance, ou si l’accusé n’a pris aucune mesure raisonnable pour vérifier si la personne plaignante consentait. Le consentement doit avoir été communiqué, non présumé.
Les fausses allégations et l’erreur sur la personne se défendent par les incohérences
Certaines allégations sont fausses. Le malentendu, la malveillance et les conflits de garde en produisent tous, et la défense se construit sur les incohérences dans les versions de la personne plaignante.
Dans d’autres cas, l’agression a bien eu lieu et la police a arrêté la mauvaise personne. La Couronne doit prouver l’identité hors de tout doute raisonnable comme tout autre élément.
Un avocat de la défense criminelle gère les règles de preuve, les questions relatives à la Charte et chaque audience
Les règles de preuve dans un procès pour agression sexuelle sont strictes et techniques. L’équipe de défense criminelle du Mike Murphy Law Group pratique la défense criminelle, et un avocat qui ne le fait pas manquera les points de procédure qui décident de ces dossiers.
L’avocat de la défense examine la communication de la preuve à la recherche de failles dans la cause de la Couronne, conteste l’admissibilité de la preuve et toute violation de la Charte lors de l’enquête, construit la défense sur les faits du dossier, et comparaît de l’audience de mise en liberté sous caution jusqu’au procès.
Les peines pour agression sexuelle au Canada se poursuivent après la fin de la peine
Une déclaration de culpabilité entraîne des conséquences sur le registre, l’ADN, les voyages, la garde d’enfants et le travail qui survivent à la peine.
L’ordonnance de registre et l’ordonnance d’ADN sont obligatoires
L’ordonnance d’inscription en vertu de la Loi sur l’enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels dure 10 ans, 20 ans ou à vie, selon la peine maximale prévue pour l’infraction. Omettre de se présenter constitue une infraction distincte au Code criminel.
Le tribunal rend aussi une ordonnance d’ADN en vertu de l’article 487.051. L’échantillon est versé dans la Banque nationale de données génétiques, y reste indéfiniment et est accessible à toute enquête future au pays.
Les États-Unis et d’autres pays refusent l’entrée
Les États-Unis refusent l’entrée aux personnes ayant une déclaration de culpabilité pour une infraction sexuelle. L’Australie et le Royaume-Uni imposent leurs propres exigences. Les pays sans interdiction formelle signalent la déclaration de culpabilité à la frontière et questionnent ou refusent le voyageur.
Les tribunaux de la famille traitent la déclaration de culpabilité comme une preuve contre la garde
Une déclaration de culpabilité constitue une preuve devant le tribunal de la famille. Les juges qui décident de la garde et de l’accès selon l’intérêt supérieur de l’enfant traitent une déclaration de culpabilité pour infraction sexuelle comme une préoccupation grave, et le résultat est souvent un accès supervisé ou la perte de la garde.
Les vérifications de casier judiciaire et les ordres professionnels ferment des carrières
La déclaration de culpabilité apparaît dans les vérifications de casier judiciaire standard et pour le secteur vulnérable. Les soins de santé, l’éducation, la garde d’enfants, les services sociaux, l’application de la loi et le bénévolat auprès d’enfants sont fermés.
Les professions réglementées ajoutent des mesures disciplinaires. Les ordres professionnels des médecins, des infirmières, des enseignants, des avocats et des comptables peuvent suspendre ou révoquer un permis d’exercice à la suite d’une déclaration de culpabilité pour infraction sexuelle, et une absolution conditionnelle peut déclencher les mêmes procédures.
FAQ
Puis-je être emprisonné pour une première infraction d’agression sexuelle ?
Oui. Un casier judiciaire vierge est un facteur atténuant, et les juges imposent tout de même l’emprisonnement à des délinquants primaires. La durée dépend de l’acte, du choix de la Couronne et des facteurs aggravants.
Est-ce toujours une agression sexuelle si les deux personnes étaient en état d’ébriété ?
Cela peut l’être. Une personne trop intoxiquée pour consentir ne peut pas consentir, et amorcer une activité sexuelle avec elle constitue une infraction. L’intoxication de l’accusé lui-même n’est pas un moyen de défense.
Combien coûte un avocat de la défense criminelle pour ces accusations ?
Cela dépend du dossier et de savoir s’il se rend au procès. Certains avocats facturent à l’heure. D’autres utilisent des honoraires forfaitaires pour chaque étape, un pour l’audience de mise en liberté sous caution et un autre pour le procès. La consultation donne une estimation pour le dossier précis.
Les accusations peuvent-elles être retirées si la victime change d’avis ?
Non. C’est la Couronne qui porte et retire les accusations, non la personne plaignante. Une fois les accusations portées, la Couronne décide de poursuivre ou non selon l’intérêt public et la perspective raisonnable de condamnation, peu importe ce que veut maintenant la personne plaignante.
Si vous faites face à des peines pour agression sexuelle au Canada, agissez maintenant. Communiquez avec le Mike Murphy Law Group par téléphone ou par le formulaire de contact en ligne sécurisé pour une consultation gratuite avec un avocat de la défense criminelle.