
Les accusations de drogue au Canada vont d’une contravention pour possession qui se termine par un programme de déjudiciarisation à une accusation de trafic passible de la perpétuité. Deux éléments décident où se situe votre dossier : quelle drogue, et ce que la Couronne dit que vous en faisiez. Ce guide expose les infractions, les annexes, le cautionnement, la détermination de la peine, les défenses et les conséquences en immigration qui surprennent le plus de gens.
Une arrestation n’est pas une condamnation. La Couronne doit prouver chaque élément, et la police doit avoir respecté la Charte pour obtenir sa preuve.
La LRCDAS fixe les annexes, les infractions et les peines maximales
Les infractions en matière de drogue relèvent du fédéral, sous la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. S’il s’agit de votre premier contact avec les tribunaux, lisez d’abord comment fonctionne le droit criminel au Canada (criminal law). La LRCDAS répartit les substances contrôlées en annexes et fixe l’infraction et la peine maximale pour chaque activité. Elle s’applique de concert avec le Code criminel, qui fournit la procédure, les règles de mise en liberté sous caution et les principes de détermination de la peine.
Si vous êtes accusé de possession ou de trafic, consultez un avocat avant de parler à la police, pas après. Voici les infractions prévues par la LRCDAS.
La possession simple exige le contrôle et la connaissance
La possession pour usage personnel est l’infraction de drogue la moins grave. La Couronne doit prouver deux choses : que vous aviez le contrôle de la substance, et que vous saviez de quoi il s’agissait. Le sac de votre colocataire laissé dans votre voiture à votre insu n’est pas votre possession.
La possession en vue du trafic ajoute une intention déduite des circonstances
La possession en vue du trafic signifie que vous déteniez la drogue avec l’intention de la vendre, de la partager ou de la distribuer. Vous n’avez pas besoin d’être pris en train de vendre. L’intention se déduit des circonstances :
- Une quantité dépassant l’usage personnel
- L’emballage : sachets, balances, feuilles de compte
- De l’argent comptant, surtout en petites coupures
- Des messages textes organisant des transactions
Le trafic inclut le don, le partage et l’offre, sans échange d’argent
Le trafic consiste à vendre, donner, administrer, transporter ou distribuer une substance contrôlée. Aucun argent ne doit nécessairement changer de main. Remettre un comprimé à un ami dans une fête constitue du trafic sous la LRCDAS. Offrir de vendre une drogue que vous ne possédez pas est également du trafic.
La production et l’importation reçoivent les peines les plus lourdes
La production consiste à fabriquer, cultiver ou synthétiser une substance contrôlée : une culture non autorisée, un laboratoire. L’importation ou l’exportation consiste à faire traverser la frontière à une substance contrôlée. Les tribunaux imposent les peines les plus lourdes pour l’importation, car c’est le point d’entrée de la drogue au pays.
L’annexe de la drogue fixe la peine maximale
L’annexe dans laquelle se trouve la substance fixe la peine maximale et la façon dont la Couronne traite le dossier. L’annexe I est la plus grave.
L’annexe I vise la cocaïne, l’héroïne, le fentanyl, la méthamphétamine et les opioïdes
Les substances les plus lourdement pénalisées, et celles qui figurent dans la plupart des poursuites pour trafic de drogue :
- La cocaïne et le crack
- L’héroïne et le fentanyl
- La méthamphétamine
- L’oxycodone et d’autres opioïdes
Les annexes II, III et IV comportent des peines maximales moindres
Des peines maximales moindres que celles de l’annexe I, mais toujours criminelles :
- Annexe II : le cannabis en quantités dépassant les limites légales
- Annexe III : la psilocybine et le LSD
- Annexe IV : les stéroïdes anabolisants, les benzodiazépines, les barbituriques
Lors de l’arrestation, vous avez droit au silence et à l’avocat, et les accusations graves mènent à une enquête sur le cautionnement
Lors de l’arrestation, la police doit vous informer de vos droits garantis par la Charte : le droit de garder le silence et le droit à l’assistance d’un avocat. Ne faites aucune déclaration sans avocat.
Pour une possession mineure, la police vous libère habituellement au poste avec un avis de comparution. Pour le trafic ou l’importation, elle peut vous détenir en vue d’une enquête sur le cautionnement. Le déroulement de l’enquête sur le cautionnement avec un avocat de la défense décide des prochains mois de votre vie.
Que se passe-t-il lors d’une enquête sur le cautionnement ?
Une enquête sur le cautionnement, formellement une audience de mise en liberté provisoire par voie judiciaire, décide si vous attendez le procès chez vous ou en détention. Un refus de mise en liberté peut signifier des mois de prison avant un procès qui peut se terminer par un acquittement.
Normalement, la Couronne doit démontrer pourquoi vous devriez être détenu : risque de fuite, danger pour le public. Pour les accusations graves de trafic, le fardeau s’inverse, et vous devez démontrer pourquoi vous devriez être libéré. Cela exige un plan de mise en liberté :
- Une caution qui vous supervisera
- Des conditions : couvre-feu, ordonnances de non-contact, limites de déplacement
- Un dépôt en argent ou des biens donnés en gage
- Du counseling ou un traitement
Vais-je aller en prison ?
Cela dépend de l’accusation, de la drogue et du mode de poursuite choisi par la Couronne.
Les infractions de drogue sont sommaires, par mise en accusation ou mixtes
Les infractions de drogue sont sommaires, par mise en accusation ou mixtes :
- Les infractions sommaires comportent des peines maximales moindres et progressent plus vite
- Les infractions par mise en accusation comportent les peines maximales les plus élevées, jusqu’à la perpétuité
- Les infractions mixtes laissent la Couronne choisir, selon la gravité du dossier
Les peines pèsent la dissuasion contre les facteurs aggravants et atténuants
Pour le trafic, les principes de détermination de la peine qui comptent sont la dénonciation et la dissuasion. Le juge pèse ensuite les facteurs aggravants et atténuants.
Facteurs aggravants :
- Des condamnations antérieures, surtout en matière de drogue
- La violence ou les armes
- Le trafic près d’une école ou d’un terrain de jeu
- Le fait d’agir pour une organisation criminelle
Facteurs atténuants :
- L’absence de dossier, ou un dossier mineur
- Le remords et un traitement déjà entamé
- Un rôle mineur, ou la contrainte
- Un emploi stable, des responsabilités familiales, des liens communautaires
Trois défenses décident du sort de la plupart des accusations de drogue au Canada
Une accusation est une allégation. La défense examine la preuve de la Couronne pour en trouver les points faibles, et dans les dossiers de drogue, il y en a habituellement trois.
Une fouille illégale mène à l’exclusion de la drogue
L’article 8 de la Charte protège contre les fouilles, perquisitions et saisies abusives. L’article 9 protège contre la détention arbitraire. La police a besoin d’un mandat, ou de motifs raisonnables et probables, pour fouiller votre voiture, votre domicile ou votre personne.
Si la fouille était illégale, votre avocat demande l’exclusion de la preuve. Si la drogue est exclue, il ne reste rien à la Couronne, et le dossier se termine habituellement là.
Sans connaissance ni contrôle, il n’y a pas de possession
La possession exige la connaissance et le contrôle. Se trouver dans une pièce où il y a de la drogue n’est pas la possession. Si vous avez emprunté un manteau avec des comprimés dans une poche sans le savoir, la Couronne ne peut prouver la connaissance hors de tout doute raisonnable.
Une accusation de possession en vue du trafic sans indices de trafic se plaide comme simple possession
Sur une accusation de possession en vue du trafic, la défense plaide que la drogue était pour usage personnel. Une grande quantité sans balances, sans sachets et sans feuille de compte constitue une preuve d’intention faible. L’accusation est alors souvent réduite à la simple possession, ce qui change la peine et garde le trafic hors de votre dossier.
Un avocat de la défense travaille la divulgation et négocie à partir de ses points faibles
Les règles de preuve, les requêtes fondées sur la Charte et la procédure de la LRCDAS sont techniques, et la Couronne poursuit ces dossiers chaque jour. Un avocat de la défense de l’équipe du Mike Murphy Law Group (team) obtient la divulgation, trouve la fouille illégale ou l’élément manquant, et négocie avec la Couronne à partir de cette position.
Les premières semaines décident souvent si le dossier se termine par un retrait ou par une peine de pénitencier.
Les accusations de drogue au Canada peuvent coûter leur statut aux résidents permanents et leur fermer l’entrée aux États-Unis
Sous la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), une condamnation pour drogue peut rendre un étranger ou un résident permanent interdit de territoire. Une seule condamnation peut déclencher une procédure de renvoi ou faire échouer une demande future.
Les résidents permanents sont exposés d’une façon que les citoyens ne le sont pas. Un citoyen ne peut être expulsé pour une condamnation. Un résident permanent condamné pour une infraction dont la peine maximale est de dix ans ou plus peut perdre son statut. Le trafic d’une substance de l’annexe I comporte un maximum de perpétuité, de sorte qu’une condamnation entraîne l’interdiction de territoire peu importe la peine réellement imposée.
Les États-Unis posent un problème distinct. Les services frontaliers américains voient les dossiers criminels canadiens, et une condamnation pour simple possession peut entraîner une interdiction permanente. Une accusation pendante peut entraîner un contrôle secondaire et un refus.
Une suspension du casier sous la Loi sur le casier judiciaire annule une condamnation et peut rétablir certains déplacements, mais les autorités frontalières américaines n’y sont pas liées. Quiconque a une accusation de drogue et doit traverser la frontière devrait consulter à la fois un avocat criminaliste et un professionnel de l’immigration.
FAQ
Puis-je obtenir une mise en liberté sous caution si je suis accusé de trafic de cocaïne ou de fentanyl ?
Oui, mais c’est plus difficile. Pour le trafic de substances de l’annexe I, le fardeau s’inverse habituellement, et la défense doit démontrer au juge pourquoi vous devriez être libéré. Un plan préparé avec une caution solide et des conditions strictes est ce qui gagne ces enquêtes.
Vais-je aller en prison pour ma première infraction de drogue ?
Pour une première possession simple, rarement; vous pourriez être admissible à un programme de mesures de rechange et éviter tout dossier. Pour une première infraction de trafic d’une substance de l’annexe I, la prison est une possibilité réelle sans une défense solide.
Quelle est la différence entre une infraction sommaire et une infraction par mise en accusation ?
Une infraction sommaire vise les infractions moins graves et comporte des peines plus légères, comme des amendes ou de courtes peines provinciales. Une infraction par mise en accusation vise les crimes graves, comme le trafic à grande échelle, et peut comporter une peine de pénitencier fédéral.
La police peut-elle fouiller ma voiture sans mandat si elle m’intercepte ?
Pas sur la seule base d’une interception routière. Sous la Charte canadienne des droits et libertés, elle a besoin de motifs raisonnables et probables de croire qu’il y a une preuve d’infraction dans le véhicule, ou elle doit d’abord vous arrêter. Une fouille illégale est le fondement de l’exclusion de tout ce qu’elle a trouvé.