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Accusations de drogue

Trafic de drogue ou possession au Nouveau-Brunswick

Michael Murphy accueillant un client à la porte du cabinet

La question du trafic de drogue ou possession est la première qui compte dans tout dossier de drogue au Nouveau-Brunswick, parce qu’elle décide de la fourchette à laquelle vous faites face. La simple possession peut se terminer par un programme de déjudiciarisation, sans dossier. Le trafic d’une drogue de l’annexe I comporte un maximum de perpétuité. Le même sac de drogue peut être accusé de l’une ou l’autre façon, et la différence tient à ce que la police dit que vous aviez l’intention d’en faire.

Lorsque des clients appellent au sujet d’une accusation de drogue, la peine est ce qu’ils veulent savoir en premier. La réponse dépend de l’accusation, de la drogue et du mode de poursuite choisi par la Couronne.

Le droit de la drogue est fédéral, sous la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. La façon dont il est poursuivi est locale. Le Nouveau-Brunswick a son propre programme de déjudiciarisation, ses propres tribunaux de traitement et ses propres règles routières, et ils changent l’issue du dossier. Ce guide couvre les définitions, les annexes, les peines, et les programmes du Nouveau-Brunswick qui gardent les premiers contrevenants hors du système.

La LRCDAS sépare l’usage personnel de la distribution

Toute infraction de drogue au Canada relève de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS) fédérale. La Loi sépare l’usage personnel de la distribution, et cette ligne fixe à la fois l’intensité avec laquelle la Couronne pousse le dossier et la peine maximale.

La possession simple (article 4 de la LRCDAS)

L’article 4 fait de la possession d’une substance contrôlée une infraction. C’est l’accusation de drogue la moins grave. La Couronne doit prouver que vous possédiez la substance, et la possession est plus large que le fait de l’avoir dans votre poche.

Ce que signifient « la connaissance et le contrôle »

La Couronne doit prouver deux éléments hors de tout doute raisonnable. La connaissance : vous saviez que la substance était là. Quelque chose glissé dans votre sac à votre insu n’est pas votre possession. Le contrôle : vous aviez le pouvoir de décider de son sort.

Le contrôle comporte deux formes élargies. La possession par déduction, où la drogue n’est pas sur vous mais dans un lieu que vous contrôlez, comme le tiroir de votre chambre ou votre boîte à gants. La possession conjointe, où vous et une autre personne partagez le contrôle même si une seule d’entre vous la détient physiquement.

Le trafic sous l’article 5 inclut le partage gratuit

Le trafic relève de l’article 5(1). La police et la Couronne le priorisent parce qu’il vise l’approvisionnement, et les peines le reflètent.

Le trafic ne se limite pas à la vente contre argent. Il inclut :

  • Vendre une substance contrôlée.
  • La donner ou la partager gratuitement.
  • L’administrer à une autre personne.
  • La transporter, l’envoyer ou la livrer.

La possession en vue du trafic

L’accusation grave la plus courante au Nouveau-Brunswick est la possession en vue du trafic, article 5(2). La police vous a trouvé avec de la drogue et croit que vous aviez l’intention de la distribuer. Vous n’avez pas besoin d’être pris en train de vendre. Si la Couronne prouve l’intention, la peine est la même que pour le trafic.

La preuve utilisée pour prouver la possession en vue du trafic

L’intention se prouve par les circonstances. La police cherche des « indices de trafic » :

  • Une quantité dépassant l’usage personnel.
  • La drogue divisée en plusieurs petits sachets ou cornets.
  • Des balances numériques, des feuilles de compte (listes de dettes), des agents de coupe.
  • De l’argent comptant inexpliqué, surtout en petites coupures.
  • Des textos ou des messages chiffrés organisant des rencontres avec des acheteurs.

L’annexe de la drogue fixe la peine maximale

La LRCDAS répartit les substances en annexes selon leur potentiel de dépendance et de préjudice, et l’annexe fixe la peine maximale. Sachez laquelle s’applique à vous.

L’annexe I

Les drogues les plus lourdement pénalisées, et celles qui sont derrière la plupart des poursuites pour trafic :

  • La cocaïne et le crack.
  • La méthamphétamine.
  • L’héroïne.
  • Le fentanyl et d’autres opioïdes.
  • Le MDMA.

Les annexes II, III et IV

Des peines maximales moindres que celles de l’annexe I. Le cannabis a été entièrement retiré de la LRCDAS et est maintenant réglementé sous la Loi sur le cannabis. Ce qui reste :

  • Annexe II : les cannabinoïdes synthétiques.
  • Annexe III : le LSD, la psilocybine, la mescaline.
  • Annexe IV : des médicaments d’ordonnance comme le diazépam (Valium), l’alprazolam (Xanax) et d’autres benzodiazépines.

Les peines dépendent de l’annexe et du choix de la Couronne, et le projet de loi C-5 a retiré les minimums

La peine dépend de l’annexe et du fait que la Couronne procède par voie sommaire ou par mise en accusation. La Couronne décide selon les faits et votre dossier.

Infraction sommaire ou infraction par mise en accusation

La procédure sommaire vise les dossiers les moins graves. Sur une accusation de possession sommaire, le maximum est une amende ou six mois de prison provinciale, et la procédure est rapide.

Les infractions par mise en accusation sont les infractions graves. Le trafic d’une substance de l’annexe I par mise en accusation comporte un maximum de perpétuité.

Le projet de loi C-5

Le projet de loi C-5 a retiré toute peine minimale obligatoire de la LRCDAS. Avant cela, certaines infractions de trafic comportaient de la prison automatique. Il a aussi rétabli les ordonnances de sursis pour la plupart des infractions de drogue. Une ordonnance de sursis est une peine purgée dans la collectivité sous des conditions comme l’assignation à résidence plutôt qu’en détention. Sur un dossier de possession en vue du trafic, c’est souvent l’issue que vise la défense.

Le Nouveau-Brunswick déjudiciarise la possession de première infraction par le PMR et deux tribunaux de traitement

Les accusations de drogue fédérales au Nouveau-Brunswick sont poursuivies par le Service des poursuites pénales du Canada, en collaboration avec la police locale et les programmes provinciaux.

En août 2020, la directrice des poursuites pénales a demandé aux procureurs fédéraux d’éviter de poursuivre la simple possession lorsque possible et de diriger ces dossiers vers la santé et la déjudiciarisation plutôt.

Le Programme de mesures de rechange (PMR)

Une personne accusée pour la première fois d’une possession mineure peut être admise au Programme de mesures de rechange. Vous ne plaidez pas coupable. Vous rencontrez un agent de probation et remplissez des conditions : counseling en toxicomanie, service communautaire, lettre d’excuses. Une fois complétées, l’accusation est retirée. Aucune condamnation, aucun dossier.

Programme judiciaire de traitement de la toxicomanie et de la santé mentale de Moncton

Lancé en avril 2026, ce programme de la Cour provinciale prend les personnes dont l’infraction est motivée par la dépendance et les met en lien avec un traitement par l’entremise d’un agent de liaison judiciaire en santé. Vous devez reconnaître votre responsabilité, et la Couronne doit convenir que votre risque peut être géré dans la collectivité. Complétez le plan de traitement et les comparutions surveillées et les accusations sont retirées.

Le tribunal de mieux-être Elsipogtog Healing to Wellness

Pour les personnes accusées autochtones du comté de Kent, le tribunal Elsipogtog Healing to Wellness est une séance de tribunal thérapeutique qui traite la consommation de substances, la santé mentale et le traumatisme à l’aide de pratiques culturelles et de l’apport de la collectivité plutôt que d’une sanction conventionnelle. Les participants suivent un plan individuel de counseling et de mentorat, et à la fin, les accusations peuvent être retirées ou les peines réduites.

La drogue dans une voiture ajoute une enquête pour facultés affaiblies et une suspension immédiate de Service Nouveau-Brunswick

La drogue trouvée dans une voiture déclenche aussi une enquête pour conduite avec facultés affaiblies. La police soupçonnera une conduite avec facultés affaiblies par la drogue, une infraction sous l’article 320.14 du Code criminel qui déclenche aussi des peines provinciales immédiates.

Service Nouveau-Brunswick applique ces peines sous la Loi sur les véhicules à moteur au bord de la route, avant toute date de cour.

Les suspensions routières immédiates

Si la police soupçonne la consommation de drogue, elle peut exiger un échantillon de liquide buccal ou un test normalisé de sobriété. Un échec au test mène à une évaluation par un expert en reconnaissance de drogues.

L’échec entraîne une suspension immédiate à court terme, souvent de 7 jours pour un premier avertissement ou échec. Pour un résultat plus grave, ou pour un conducteur débutant sous tolérance zéro, Service Nouveau-Brunswick peut suspendre pour jusqu’à 90 jours sur-le-champ et mettre le véhicule en fourrière. Ces suspensions tiennent, que vous soyez ou non condamné.

La défense attaque les fouilles et les manquements au droit à l’avocat

Une accusation n’est pas une condamnation. Un avocat en défense criminelle (criminal lawyer) passe l’enquête au peigne fin. Les dossiers de trafic dans cette province impliquent habituellement des fouilles d’une voiture, d’un domicile et d’un téléphone, et chaque fouille doit avoir été légale.

Si la police a pris un raccourci, la preuve trouvée peut être exclue.

Les requêtes fondées sur la Charte

L’article 8 de la Charte protège contre les fouilles, perquisitions et saisies abusives. Si la GRC ou un corps municipal a fouillé votre voiture ou votre domicile sans mandat ou sans motifs suffisants, votre avocat demande l’exclusion de la drogue.

L’alinéa 10b) garantit le droit à l’avocat au moment de l’arrestation. Si la police l’a retardé, ou vous a interrogé avant, vos déclarations et parfois la preuve trouvée à cause d’elles peuvent être exclues. Sans drogue et sans déclaration, la Couronne retire habituellement l’accusation.

Le trafic de drogue ou la possession au Nouveau-Brunswick décide de l’accusation, de la fourchette et des options de déjudiciarisation

La ligne entre la possession et le trafic décide de l’accusation, de la fourchette et des options de déjudiciarisation. La possession, c’est l’usage personnel. Le trafic, c’est vendre, partager, transporter ou donner. Comme le trafic peut atteindre la perpétuité, des conseils précoces comptent.

  • Une accusation de possession et une accusation de trafic comportent des peines très différentes sous la LRCDAS.
  • La quantité, l’emballage et l’argent comptant transforment la possession en possession en vue du trafic.
  • La possession de première infraction peut être admissible au Programme de mesures de rechange du Nouveau-Brunswick.
  • Plusieurs dossiers de drogue se gagnent sur des requêtes fondées sur la Charte contre la fouille.

FAQ

Quelle est la peine pour une première possession simple de drogue au Nouveau-Brunswick ?

Pour une première infraction, la voie habituelle est la déjudiciarisation. Votre avocat négocie l’admission au Programme de mesures de rechange. Complétez les conditions, comme le counseling en toxicomanie ou le service communautaire, et la Couronne retire l’accusation. Aucun dossier.

Puis-je voyager aux États-Unis avec une condamnation pour trafic de drogue ?

Presque certainement pas sans dispense. Une condamnation pour trafic ou possession en vue du trafic vous rend interdit de territoire aux États-Unis sur le plan criminel. Une dispense est possible mais lente et coûteuse.

Est-ce que je perds mon permis de Service Nouveau-Brunswick pour une accusation de possession de drogue ?

Pas pour la possession seule. Si vous êtes accusé de conduite avec facultés affaiblies par la drogue, Service Nouveau-Brunswick impose une suspension routière immédiate de 7 à 90 jours, et une condamnation entraîne une interdiction de conduire minimale d’un an à l’échelle du Canada.

Vais-je aller en prison pour une accusation de possession en vue du trafic au Nouveau-Brunswick ?

La prison est une possibilité réelle, surtout pour les drogues de l’annexe I. Depuis le projet de loi C-5, il n’y a plus de peine minimale obligatoire, de sorte qu’une ordonnance de sursis purgée à domicile sous des conditions strictes est possible, et c’est souvent ce que plaide la défense.

Tout type de dossier que le cabinet mène figure sous les domaines de pratique (injury law areas), et le bureau de Moncton prend le premier appel.

Appelez le bureau le plus proche

506-854-5157

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